Six étudiantes francophones du programme d’animation expérimentale de l’Université OCAD se rendent en Belgique pour coprésenter une œuvre de projection architecturale animée de grande dimension lors d’un festival international de la lumière, résultat d’un partenariat avec l’école d’art belge ARTS2.
Le projet collaboratif, Connexions transatlantiques en animation expérimentale et arts numériques, offre aux étudiantes et étudiants des deux établissements une expérience internationale pratique et professionnelle, soit de créer une projection artistique innovante qui sera présentée au festival Mons en Lumières du 22 au 25 janvier.
Cette initiative est soutenue par le gouvernement de l’Ontario dans le cadre d’une entente entre le ministère des Affaires francophones et la région Wallonie-Bruxelles en Belgique.
L’objectif de cette entente est d’encourager et de promouvoir les échanges culturels, éducatifs et économiques entre les deux régions francophones sur la base de leurs liens communs francophones et francophiles, tout en favorisant une vision à long terme des partenariats culturels internationaux. Le Conseil des arts de l’Ontario soutient la gestion du projet.
« Nous sommes fiers de nous associer à ce projet novateur, qui permet d’obtenir plusieurs résultats importants et interconnectés », a déclaré Simon Foster, président du conseil d’administration du Conseil des arts de l’Ontario. « C’est une occasion de développement professionnel et de réseautage pour les personnes qui étudient en art – l’avenir du milieu professionnel des arts en Ontario. Relier les communautés francophones afin de créer de nouvelles possibilités de collaboration est primordial pour nous en tant qu’organisme qui investit plus de quatre millions de dollars chaque année dans les arts du milieu francophone. Et favoriser une vision à long terme pour les partenariats culturels internationaux dans lesquels le travail des artistes et des organismes artistiques est central – car, maintenant plus que jamais, le secteur des arts en Ontario peut bâtir la réputation mondiale de l’Ontario et contribuer aux relations diplomatiques. »
Depuis l’automne dernier, des étudiantes de l’Université OCAD travaillent virtuellement avec des étudiants et étudiantes d’ARTS2 pour créer une œuvre de projection architecturale animée. Cette pratique artistique a connu un essor ces dernières années en tant que forme d’art visuel engageante et immersive qui allie une technologie de pointe à la narration, à l’engagement urbain et à la programmation culturelle.
« Cette initiative souligne la valeur des collaborations internationales pour offrir aux étudiants une formation enrichie et des opportunités de renforcement des compétences qui les aideront à contribuer au secteur économique de la création de leurs pays respectifs. Cela augmente également l’impact culturel de leurs œuvres conjointes », explique Philippe Blanchard, doyen par intérim de la Faculté des arts de l’Université OCAD, qui codirige le projet avec les professeurs Martin Waroux et Cédric Sabato d’ARTS2.
La collaboration entre les 30 étudiantes et étudiants en animation expérimentale, médias numériques et composition musicale des deux écoles a abouti à Carnet de voyage d’une particule, une œuvre de projection architecturale animée en boucle, d’une durée de sept minutes et destinée à être projetée en plein air sur de grands bâtiments. Ci-dessous figure une image tirée de la projection d'animation.
Il s’agit d’une des 15 projections monumentales qui transformeront la ville de Mons en Wallonie-Bruxelles, en Belgique, en un vaste lieu lumineux où le patrimoine architectural, la culture et l’imagination se croisent sous le thème « Entrer dans la lumière. Un besoin d’illuminer le monde ».
L’œuvre Carnet de voyage d’une particule est dotée d’une bande sonore originale. Elle raconte, à la première personne, le voyage d’une particule légère, de sa genèse dans le soleil à sa transformation en oxygène via la photosynthèse d’une plante sous-marine.
Au cours de son voyage, la particule traverse différents espaces, interagissant avec la vie animale et végétale ainsi qu’avec les débris laissés par l’être humain. Elle file à travers la galaxie, l’atmosphère terrestre, l’Arctique, elle parcourt en vitesse les profondeurs de l’océan et visite l’intérieur de cellules d’algues.
Entre énergie pure et matière vivante, Carnet de voyage d’une particule invite le spectateur à suivre son odyssée lumineuse – un ballet de la matière, immersif et sensoriel, où chaque mouvement révèle le lien invisible entre énergie, nature et existence.
UNE PRÉCIEUSE EXPÉRIENCE D’APPRENTISSAGE
« Les compétences et les connaissances pertinentes pour le secteur, acquises dans le cadre de ma collaboration avec l’école ARTS2,ont stimulé mon progrès non seulement en tant qu’étudiante, mais aussi en tant qu’artiste », déclare Zahrah Khurram, une des six étudiantes de l’Université OCAD impliquées dans le projet. Les cinq autres sont Laura Barbi, Jae Despi, Shannon Halliday, Sophia Poaps et Aklesiya Yared.
Les étudiantes ont travaillé en étroite collaboration avec leurs collègues belges sur différents aspects du projet – le tout en français. Par exemple, Halliday a travaillé avec un étudiant en animation 3D et un étudiant en musique d’ARTS2, pour créer une scène représentant les parties les plus profondes de l’océan.
« J’ai vraiment amélioré mes compétences en animation 2D, même si je me considère davantage comme une animatrice de prise de vues image par image. C’était une excellente pratique pour cela et c’était aussi une excellente pratique de dessiner des poissons. Je pense avoir dessiné plus de poissons au cours des trois derniers mois que pendant toute ma vie », explique Halliday.
Pour Barbi, l’expérience d’avoir travaillé avec une équipe internationale sera précieuse pour faire progresser sa carrière dans l’industrie de l’animation et pour entretenir des relations avec les clients et comprendre leurs attentes. Elle a travaillé avec un étudiant belge sur la scène des aurores boréales, créant les textures, et sur la scène finale en tant qu’animatrice et artiste 2D.
« Ce projet impliquait un mélange d’animation 2D et 3D et c’était la première fois que j’essayais de combiner les deux. C’était difficile, mais avec un peu de remue-méninges et de conseils, nous avons trouvé un moyen de faire quelque chose de beau sans détruire la cohésion. Je veux explorer ce média plus avant dans d’autres projets pour vraiment pousser mes compétences vers un niveau supérieur », explique Barbi.
Khurram a apporté des idées à l’ensemble du processus de remue-méninges et de développement stylistique. Elle a travaillé en étroite collaboration, à distance, avec deux étudiants belges, en proposant des dessins et des cadres de style complets pour le scénario ainsi que des textures 3D et des éléments animés 2D pour la scène finale.
« Souvent, notre équipe a dû revenir en arrière et retravailler certains éléments en fonction des commentaires que nous recevions », explique Khurram. « En procédant par essais et erreurs, nous avons pu trouver des moyens de rationaliser et d’organiser le procédé d’animation afin de pouvoir faire les révisions nécessaires. C’est grâce à ce procédé que j’ai acquis l’expérience technique pour organiser et améliorer mon flux de travail afin d’être plus flexible et diligente. »
RENFORCER LES COMPÉTENCES EN FRANÇAIS
Barbi, qui a grandi en Saskatchewan et fréquenté l’école secondaire en immersion française, a trouvé facile de parler français avec ses pairs belges, et toutes ses connaissances du secondaire ont resurgi et elle a aimé l’expérience. Quant à Halliday, travailler en français lui a permis d’être plus à l’aise pour utiliser ses compétences en français.
Khurram dit : « Grâce à l’approche bilingue et à la collaboration à distance, ma pratique a grandement bénéficié de la possibilité de partager des stratégies d’animation, des connaissances sur les logiciels et d’avoir des conversations professionnelles en français ».
Toutes les étudiantes sont enthousiastes à propos du festival et à l’idée de rencontrer leurs pairs belges en personne pour installer la projection avec la bande originale.
« Il y a une énorme différence entre voir la projection animée sur un écran d’ordinateur et la voir soi-même, agrandie sur un grand écran, au festival. C’est passionnant de présenter à l’auditoire – autant que d’en faire l’expérience moi-même, les effets sonores et lumineux, combinés à des mois de travail sur le visuel. Le contexte culturel et artistique de la projection atteindra toute sa signification au festival parmi les autres œuvres d’art et je suis ravie de pouvoir vivre cette expérience », déclare Khurram.
À PROPOS DES PARTENAIRES
Université OCAD
Située au centre-ville de Toronto, l’Université OCAD est la plus grande et la plus ancienne université d’art et de design au Canada. C’est une plaque tournante mondialement connue pour l’art, le design, les médias numériques, la recherche, l’innovation et la créativité. Le corps étudiant profite d’un apprentissage pratique et pragmatique, avec un accès à des ateliers et à des studios ultramodernes pour la création traditionnelle et numérique. Aux côtés d’une équipe diversifiée et solidaire d’instructrices et instructeurs et de collègues, les étudiantes et étudiants acquièrent des compétences qui favorisent l’emploi. Les diplômées et diplômés travaillent dans différents secteurs, comme l’urbanisme, la conception environnementale, les jeux, le cinéma, l’animation, l’édition, l’illustration, la conception graphique, les arts visuels et l’administration des arts.
ARTS2
ARTS2 est une académie des arts directement soutenue par le ministère de l’Enseignement collégial de la communauté française de Belgique. Sa mission est de former des artistes, interprètes et créateurs, dans ses trois domaines d’expertise : arts visuels, musique et théâtre. L’Académie est guidée par deux principes fondamentaux : l’acquisition de la maîtrise des techniques, des connaissances intellectuelles et du savoir-faire et des compétences interpersonnelles liées au domaine choisi; et la pratique artistique évènementielle intégrant le programme de formation de manière continue au moyen de projets liés au milieu ou à la sphère culturelle.
Conseil des arts de l’Ontario
Le Conseil des arts de l’Ontario (CAO), principal organisme de financement des arts de la province, a pour mandat de favoriser la création et la production d’œuvres d’art au profit de l’ensemble de la population ontarienne. Depuis 1963, le Conseil aide les artistes et les organismes artistiques à réaliser leurs visions créatives, à bâtir des carrières et des auditoires et à offrir des activités artistiques aux communautés de toutes tailles en Ontario. Le Conseil des arts de l’Ontario permet à toute la population ontarienne d’accéder aux arts – essentiels pour la vie, l’économie et la communauté.
Gouvernement de l’Ontario
Le gouvernement de l’Ontario soutient ce projet, car il fait partie du champ d’application de l’accord signé entre le ministère des Affaires francophones et la région Wallonie-Bruxelles en Belgique.